Socrate Platon | ||
| AccueilBIENVENUE SUR SOCRATE-PLATON Ce site vous propose une "macédoine" de citations philosophiques ou pensées et d'histoires ou anecdotes.
Page Socrate Platon A : 50 "articles" semblables à ceux de cette page d'accueil.Informations et extraits en fin de cette page.
BONNE DEGUSTATION ! 1. Un capitaine et ses soldats se préparaient pour aller au combat et le capitaine tremblait comme une feuille. Les soldats étonnés perdaient confiance en leur chef mais il leur dit : « Ne craignez rien, c’est la chair qui tremble à l’idée d'où le courage va l’engager » Baltasar Gracian, Pointe et art de l’esprit.
2. Le roi quelque temps après la mort de Louis XV, fit arrêter avant la fin du temps ordinaire un concert qui l’ennuyait. : »Voilà assez de musique. » Les concertants le surent et l’un d’eux dit à l’autre : »Mon ami, quel règne se prépare ! » Chamfort, Caractères et anecdotes, 918..
3.Une femme étrangère ose prendre place entre tant de grands hommes. Elle avait été injustement condamné par le roi Philippe I dans un temps où il était pris de vin. J’en appellerais, dit-elle, volontiers à Philippe pourvu qu’il fut à jeun. Ce trait hardi fit revenir le prince à lui-même, dissipa en un moment les fumées qui lui troublaient le cerveau, et l’obligea de revoir le procès de cette femme, et de rendre un jugement plus équitable. Ainsi elle arracha la justice qu’elle n’avait pu obtenir, et elle trouva plus de sureté dans sa hardiesse que dans son innocence. Valère Maxime, Actions et paroles remarquables des anciens, VI, II.
4. On dit qu'Artémise eut pour son époux Mausole un amour extraordinaire, au-dessus des passions célèbres que nous retrace la fable, au-dessus de tout ce qu'on peut attendre de la tendresse humaine. Mausole fut, selon Cicéron, roi de la Carie ; selon certains historiens grecs, gouverneur ou satrape de la province de Grèce. Après sa mort, Artémise serrant son corps entre ses bras, et l'arrosant de ses larmes, le fit porter au tombeau avec un magnifique appareil. Ensuite, dans l'ardeur de ses regrets, elle fit mêler les os et les cendres de son époux à des parfums, les fit réduire en poussière, les mêla dans sa coupe avec de l'eau, et les avala. Elle donna encore d'autres marques d'un violent amour. Elle fit élever à grands frais, pour conserver la mémoire de son époux, ce sépulcre fameux, qui mérita d'être compté au nombre des Sept Merveilles du monde. Le jour où elle dédia le monument aux mânes de Mausole, elle établit un concours pour célébrer les louanges de son époux ; le prix était une somme considérable d'argent, et d'autres récompenses magnifiques. Des hommes distingués par leur génie et leur éloquence, vinrent disputer le prix ; c'était Théopompe, Théodecte, Naucrites. On a même dit qu'Isocrate avait concouru. Quoi qu'il en soit, Théopompe fut proclamé vainqueur. Il était disciple d'Isocrate. Nous avons encore de Théodecte la tragédie qu'il composa sous le nom de Mausole. Ce poème de Théodecte fut plus goûté que sa prose, si l'on en croit Hygin dans ses Exemples. Aulu Gelle, Nuits attiques, X, XVIII.
5. J’ai vu dans une place un soldat qui soutient son camarade mort, et qui en est presque entraîné. Statue admirable ! Les membres du soldat mort ne se soutiennent pas et semblent tomber. Cette statue est antique. On a voulu non la copier mais l’imiter dans un groupe qui est au palais Pitti. Mais le moderne reste bien loin. Montesquieu, Voyages en Europe, Florence, II
En réalité nous ne savons plus rien, nous ne sommes plus sûrs de rien. Lorsqu’on regarde les œuvres des anciens, on n’a vraiment pas à faire les malins. Auguste Renoir
6. Denys l’Ancien ayant entendu dire qu’un habitant de Syracuse avait de l’or enfoui dans sa maison, il le somma de le lui apporter. L’homme après s’en être furtivement réservé une petite partie, alla s’établir dans une autre ville et y acheta un terrain. Denys le fit venir et lui dit de reprendre tout son trésor puisqu’il avait commencé à user de ses richesses et puisqu’il ne rendait plus inutile ce qui est fait pour être mis en usage. Plutarque, Apophtegmes de rois et de généraux. 7. Charès de Mitylène raconte, dans la septième partie de ses Histoires d'Alexandre: "On attrape une créature semblable à l'huître en mer indienne, de même que dans les eaux près de l'Arménie, de la Perse, du Suse et de Babylone; elle est de taille considérable et oblongue; elle contient une chair dodue, blanche et très parfumée. On en extrait les os blancs qu'on appellent des perles, dont on fait des colliers, des bracelets, et des chaînes pour chevilles. Les Perses, les Mèdes et tous les Asiatiques les considèrent bien plus que les objets en or. Athénee de Naucratis, Banquet des savants, III, XIV.
8. Habitué à lécher la main de son dompteur sans lui inspirer d’inquiétude, un tigre, issu des monts de l’Hyrcanie dont il était la gloire sans rival, a sauvagement déchiré d’une dent pleine de rage un lion féroce ; fait étrange et dont aucun siècle n’offre l’exemple ! Il n’a rien osé de tel aussi longtemps qu’il vécut dans les profondeurs des forêts, depuis qu’il est parmi les hommes, il a copié sa férocité. Martial, Spectacles, XVIII.
9. Caninius Gallus est admirable d'avoir été accusateur sans passion, et accusé sans ressentiment. Il épousa la fille de C. Antonius qu'il avait poursuivi en justice, et confia le soin de ses affaires par une procuration générale à M. Colonius par qui il avait été condamné. Valère Maxime, Actions et paroles remarquables des anciens, de la réconciliation.
10. Voici ce qu'on rapporte dans les anciennes annales sur les livres sibyllins. Une vieille femme, étrangère et inconnue, vint trouver Tarquin le Superbe, apportant avec elle neuf livres, qu'elle disait être un recueil d'oracles divins : elle offrait de les vendre. Tarquin s'étant informé du prix, elle demanda une somme exorbitante. Le roi crut que l'âge la faisait déraisonner, et se moqua d'elle. Alors elle apporte devant le roi un brasier allumé, et y jette trois de ses volumes. Quand ils sont brûlés, elle lui demande s'il veut acheter au même prix les six autres. Tarquin se met à rire de plus belle : il dit que cette vieille radote assurément. Elle jette encore dans le feu trois volumes, puis, toujours avec le même sang-froid, demande au roi s'il veut pour le même prix les trois qui restent. Tarquin devient plus sérieux et commence à réfléchir : il comprend que cette proposition faite avec tant d'assurance et répétée si obstinément ne doit pas être dédaignée, il achète ce qui reste des volumes au prix que la vieille avait d'abord demandé pour le tout. Cette femme disparut alors et on ne la revit jamais depuis ce temps. Les trois volumes, enfermés dans le sanctuaire d'un temple furent appelés livres sibyllins. Les quindécemvirs vont consulter ces livres comme un oracle, quand on veut interroger les dieux sur la chose publique. Aulu Gelle, Nuits attiques, I, XIX.
11. Le 21 septembre l791, M. d'André, député, a fait part à l'assemblée nationale de divers actes de patriotisme que MM. Geauge et Cotin, banquiers de Paris, ont donnés dans les diverses époques de la révolution. An mois d'août 1789 la famine faisait sentir ses premières atteintes; Paris n'avait ni blé, ni farine, son trésor était épuisé et son crédit anéanti; les marchands étrangers dédaignaient les engagements de la municipalité ; le moment enfin était on ne peut plus critique. C'est en ce moment que Messieurs Geauge et Cotin ont offert à la ville un crédit de six cents mille livres exempt de tout intérêt et commission. Ils le réalisèrent en donnant à M. Veytard., greffier principal, des autorisations sur leur caisse pour six cents mille livres d'achats de farine et de blé. Au mois de septembre suivant la ville a été forcée de traiter avec les gardes françaises pour l'acquisition des casernes et autres objets appartenant à cette troupe. Le prix fixé s'élevait à une somme immense, c'est-à-dire à plus de neuf cents mille livres. Faute d'argent; la municipalité fit à chaque soldat un billet de la somme qui lui revenait dans le partage (chaque billet était de trois cents dix-huit livres). Le crédit municipal était plus que chancelant; ces billets ne tardèrent pas à perdre trente, quarante et jusqu'à cinquante pour cent; dé sorte que le soldat ne touchait que la moitié de la somme convenue. La situation des esprits n'était pas difficile à supposer : on vit en un moment la capitale en danger par une émeute militaire et la fortune publique compromise. MM. Geauge et Cotin tentèrent sur-le-champ une opération hasardeuse pour eux seuls et qui fut couronnée du plus prompt et du plus heureux succès. Ils annoncèrent qu'ils prendraient les billets faits par la municipalité à cinq pour cent toute l'année. C'était les préférer au papier des meilleures maisons de commerce qui s'escomptait alors à huit et dix pour cent et les prendre à un change bien favorable. Ils en escomptèrent, dans l'espace de trois jours pour deux cents cinquante-sept mille cent livres. Le plus petit marchand, rassuré par cette confiance éclatante, ne balança plus à les prendre au même taux.... Le soldat fut content, et tout rentra dans l'ordre. Au mois d'octobre suivant, les cargaisons de farines achetées en Angleterre (et notre seule espérance) étaient retenues dans les ports britanniques, faute d'argent pour en acquitter le prix convenu. Il fallait payer en Angleterre dix mille livres sterling; le trésor public était vide car M. Necker avait épuisé toutes les ressources; un moment de retard pouvait enchaîner pour toujours les farines sur la rive anglaise parce que la menace de l'embargo était très prochaine. Ils eurent le bonheur de pouvoir rendre encore ce nouveau service au ministre des finances, et, dès le lendemain, les dix mille livres sterling partirent pour Londres, encore exemptes d'intérêt et de commission. Ils furent sans doute trop payés de leur bonne volonté et de leur zèle par les témoignages consignés dans les lettres de M. Necker et de M. Dufresne; ils ont même la satisfaction de n'avoir pas laissé échapper une seule occasion de prouver leur dévouement patriotique. Ils ne demandent même pas les récompenses décrétées par l'assemblée nationale; ils donnent de nouvelles preuves de leur dévouement pour la chose publique en continuant des relations sociales extrêmement importantes, et dont l’utilité dans ce moment doit être sentie. Mais qu'il leur soit au moins permis d'espérer un titre d'estime publique que l'assemblée nationale a bien voulu accorder aux citoyens qui s'en sont rendus dignes, et ils attacheront à cette marque distinctive un prix qui leur sera aussi précieux que leur existence même. (Applaudi) L'assemblée a ordonné qu'il serait fait une mention honorable dans son procès-verbal de ces actes de patriotisme et de désintéressement, et a chargé son président d'écrire une lettre de satisfaction à MM. Geauge et Cotin. Aussi peut-on dire de ces deux généreux citoyens
La Bastille conquise Avait sauvé Paris ; Mais, sans Geauge et Cotin, le pain était sans prix!
Pierre Antoine de la Place, Choix d'anecdotes et faits mémorables. Trait de patriotisme de deux banquiers français aussi nobles que désintéressés.
12. Les détails font la perfection, la perfection n’est pas un détail. Léonard de Vinci. (pensée complétée par d’autres dans la page Lettrama A)
13. Condillac est un des plus brillants esprits français, il a écrit et signé le « Traité des sensations » qui est un de ses ouvrages phare sinon le plus connu et qui est certainement très difficile à mener à terme. Mais en fait c’est plutôt l’œuvre de Mlle Ferrand, décédée avant la première publication. Voici l’éloge qu’il en fait dans la partie nommée « dessein de cet ouvrage : « Il y a sans doute bien des difficultés à surmonter, pour développer tout ce système, et j’ai souvent éprouvé combien une pareille entreprise était au dessus de mes forces. Mademoiselle Ferrand m’a éclairé sur les principes, sur le plan et sur les moindres détails ; et j’en dois être d’autant plus reconnaissant, que son projet n’était ni de m’instruire ni de faire un livre. Elle ne s’apercevait pas qu’elle devenait auteur, et elle n’avait d’autre dessein que de s’entretenir avec moi des choses auxquelles je prenais quelque intérêt. Aussi ne se prévenait-elle jamais pour ses sentiments ; et si je les ai presque toujours préférés à ceux que j’avais d’abord, j’ai eu le plaisir de ne me rendre qu’à la lumière. Je l’estimais trop pour les adopter par tout autre motif ; et elle-même, elle en eut été offensée. Cependant il m’arrivait si souvent de reconnaître la supériorité de ses vues, que mon aveu ne pouvait être soupçonné de trop de complaisance. Elle m’en faisait quelques fois des reproches ; elle craignait, disait-elle, de gâter mon ouvrage ; et examinant avec scrupules les opinions que j’abandonnais, elle eût voulu se convaincre, que ses critiques n’étaient pas fondées. Si elle avait pris elle-même la plume, cet ouvrage prouverait mieux quels étaient ses talents. Mais elle avait une délicatesse qui ne lui permettait seulement pas d’y penser. Contraint d’y applaudir, quand je considérais les motifs qui en étaient le principe, je l’en blâmais aussi, parce que je voyais dans ses conseils ce qu’elle voulu faire elle-même. Ce traité n’est donc que le résultat des conversations que j’ai eues avec elle, et je crains bien de n’avoir pas toujours su présenter ses pensées dans leur vrai jour. Il est fâcheux qu’elle n’ait pas pu m’éclairer jusqu’au moment de l’impression ; je regrette surtout qu’il y ait deux ou trois questions sur lesquelles nous n’avons pas été entièrement d’accord. La justice que je rends à Mademoiselle Ferrand, je n’oserais la lui rendre si elle vivait encore. Uniquement jalouse de la gloire de ses amis, et regardant comme à eux tout ce qui en elle pouvait y contribuer, elle n’aurait point reconnu la part qu’elle a à cet ouvrage, elle m’aurait défendu d’en faire l’aveu et je lui aurais obéi. » Condillac, Traité des sensations, dessein de cet ouvrage.
14. Anecdotes historiques concernant le célèbre Sully.
Péréfixe fait ainsi le portrait de Sully : « II était, dit cet historien, homme d'ordre, exact, bon ménager, gardait sa parole, point prodigue, point fastueux, point porté à faire de folles dépenses, ni au jeu, ni en femmes, ni en aucunes choses qui ne conviennent pas à un homme élevé à l'emploi de ministre d'état; de plus il était vigilant, laborieux, expéditif; il donnait presque tout son temps aux affaires et peu à ses plaisirs; avec cela il avait le don de pénétrer ses matières jusqu'au fond et de développer les entortillements et nœuds dont les financiers, quand ils ne sont pas de bonne foi, s'étudient à cacher leurs friponneries » Sully, après avoir passé sa jeunesse au milieu des armes, fut élevé au ministère, et conserva toujours à la cour l'antique frugalité des camps: sa table n'était pour l'ordinaire que de dix couverts; on n'y servait que les mets les plus simples et les moins recherchés. On lui en fit souvent des reproches : il répondait toujours par ces paroles d'un ancien : «Si les convives sont « sages, il y en a suffisamment pour eux; s'ils ne le sont pas, je me passe sans peine de leur compagnie » Henri IV allant un jour à l'Arsenal, où, demeurait Sully, demanda en entrant où était ce ministre : on lui dit qu'il était à écrire dans son cabinet « Ne pensiez-vous pas, dit le roi à ses courtisans, qu'on allait me répondre qu'il était à la chasse ou avec des dames? » Une autre fois, étant allé à l'Arsenal dès sept du matin, il trouva Sully avec ses secrétaires, occupé à travailler devant une table toute couverte de papiers : « Eh! Depuis quand êtes vous là? lui dit le bon Henri. — « Depuis trois heures du matin, sire. » « Eh bien, Roquelaure, dit le monarque en se tournant vers ce seigneur, pour combien voudriez-vous mener cette vie-là? » Il étudiait au collège de Bourgogne lorsque l'affreux massacre de la Saint-Barthélemy inonda de sang la capitale. Le principal du collège l'arracha aux assassins. Rosny entra au service du roi de Navarre, et devint le grand Sully. En 1596, on levait cent cinquante millions sur les peuples pour en faire entrer environ trente dans les coffres du roi. Il mit un si bel ordre dans les affaires de son maître, qu'avec trente-cinq millions de revenu, il acquitta en dix ans deux cents millions de dettes, et mit en réserve trente millions d'argent comptant dans la Bastille. Il se levait tous les jours à quatre heures du matin. Les deux premières heures étaient employées à lire et à expédier les mémoires qui se trouvaient sur son bureau; c'est ce qu'il appelait nettoyer le tapis. A sept heures il se rendait au conseil, et passait le reste de la matinée chez le roi, qui lui donnait ses ordres sur les différentes charges dont il était revêtu. A midi il dînait. Après dîner il donnait une audience réglée et où tout le monde était admis. Les qualités étaient un titre pour être expédiés les derniers. Il travaillait ensuite ordinairement jusqu'à l'heure du souper. Dès qu'elle était venue, il faisait fermer les portes. Il oubliait alors toutes les affaires et se livrait aux plaisirs de la société avec un petit nombre d'amis. Il se couchait régulièrement à dix heures, à moins que quelque évènement imprévu ne l'en empêchât. Telle fut la vie qu'il mena pendant tout le temps que dura son ministère. Pour achever enfin d'un seul trait le beau portrait de ce digne ministre, ajoutons qu’il réunissait sur sa tête les quatre premières charges de la couronne, et n'avoit que vingt mille livres des bienfaits du roi, son ami. » Quel chétif membre de notre bureaucratie moderne se serait contenté de si peu? Aussi quel vrai français n'en partagerait pas la surprise attendrissante? Pierre Antoine de la Place, Choix d'anecdotes et faits mémorables.
15. Échelle de l’alcool Facilité de parole, Exaltation de l’amitié, Chants régionaux, Tutoiement de l’autorité, Insulte au clergé, Delirium tremens. Poète espagnol inconnu du moyen âge. "Échelle" trouvée dans une fouille en Espagne.
16. Tradition invraisemblable sur l'attachement d'un dauphin pour un enfant. [titre donné par l’auteur] Les dauphins sont voluptueux et enclins à l'amour, ainsi que l'attestent des exemples anciens, et même récents. En effet, sous les premiers Césars, dans la mer de Pouzzoles, selon le récit d'Apion, et plusieurs siècles auparavant, près de Naupacte, comme le rapporte Théophraste, on a vu, de manière à n'en pouvoir douter, plusieurs de ces animaux donnant des marques évidentes de l'amour le plus passionné. Et cet amour n'avait pas pour objet des êtres de leur espèce, mais de beaux enfants qu'ils avaient vus par hasard dans des barques ou sur les sables du rivage, et pour lesquels ils ressentaient une tendresse extraordinaire et vraiment humaine. Je vais transcrire un passage du savant Apion, extrait du livre cinquième de ces Egyptiaques, où il rapporte l'attachement d'un dauphin pour un enfant qui s'était familiarisé avec lui de telle sorte, qu'il jouait, montait sur son dos, faisant des courses sur les flots ; Apion dit même qu'il fut un des nombreux témoins de tous ces faits. « J'ai vu moi-même, dit-il, près de Dicéarchie, un dauphin épris de passion pour un enfant nommé Hyacinthe : il accourait à sa voix, s'approchait du rivage et recevait l'enfant sur son dos, ayant bien soin de replier les pointes de ses nageoires, de crainte de blesser l'objet da sa tendresse, qu'il portait ainsi jusqu'à deux cents stades du rivage. On accourait de Rome et de toute l'Italie pour voir ce poisson guidé dans ses courses par l'amour ». Ce qu'ajoute Apion n'est pas moins merveilleux : « Cet enfant si tendrement aimé tomba malade et mourut. Après être revenu plusieurs fois au lieu même où l'enfant avait coutume d'attendre son arrivée, le dauphin ne le voyant pas venir, fut saisi d'une douleur si vive qu'il ne put lui survivre. Son corps fut trouvé sur le rivage par des gens qui connaissaient toute cette histoire, et qui le déposèrent dans le même tombeau que l'objet de ses amours. » Aulu Gelle, Nuits attiques, VII, VIII.
17. Hoch-Kong, empereur de Chine demandait à son ministre Koang-Tchong ce qui était le plus à craindre dans un gouvernement. Rien de plus terrible, à mon avis, répondit Koang-Tchong, qu’un rat dans une statue. L’empereur ne comprenant pas le sens de ces paroles, lui en demanda l’explication. Vous n’ignorez pas, dit le ministre, que dans toute la Chine on est dans l’usage de consacrer des statues au génie du lieu. Ces statues de bois, creuses en dedans, sont peintes et dorées au dehors. Si par malheur un rat y entre, comment l’en fera-t-on sortir ? Si vous employez le feu, vous brûlerez le bois. Si vous employez l’eau vous gâterez les couleurs. Il faut donc, pour ne pas endommager la statue, que le rat y reste. Eh bien, ajouta Koang-Tchong, tels sont dans tous gouvernement ceux qui, dépourvus de probité et de talents, ont réussi à se perpétuer dans les bonnes grâces du prince ; ils ruinent l’état, tout le monde se ressent et se désole des maux qu’ils causent, mais on n’ose employer les moyens d’y remédier et de détruire ces animaux parasites et pernicieux. Marie Claire de Méry, Histoires des proverbes.
18. Huit cent vingt trois ans avant votre consulat, ô Vinicius, Iphitus, roi d’Elide, institua les jeux olympiques, ces luttes solennelles si propres à développer la vigueur du corps et de l’âme. Dans le même lieu, dit-on, Pélops, les avait instituées déjà, lorsque pour honorer la mémoire de son père, il célébra des jeux funèbres ; il y a de cela douze cent cinquante ans : ce fut Hercule qui remporta la victoire dans ce combat et dans tous les autres. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, VII
Le sport est la religion de l’excès [...] L’idée de supprimer l’excès est une utopie de non sportifs. Pour que cent se livrent à la culture physique, il faut que cinquante fassent du sport. Pour que cinquante fassent du sport, il faut que vingt se spécialisent. Pour que vingt se spécialisent, il faut que cinq se montrent capables de prouesses étonnantes. Impossible de sortir de là, tout s’enchaîne. C’est ainsi que le record se tient au sommet de l’édifice sportif. Résignez-vous donc, vous tous adeptes de l’utopie contre-nature de la modération à nous voir continuer de mettre en pratique la devise donnée par le père Didon jadis à ses élèves et devenue celle de l’Olympisme : « Citius, Altius, Fortius ». Pierre Frédy, Baron de Coubertin, Leçons de pédagogie sportive.
19. Quelqu’un demandait pourquoi il [Charillus] produisaient les jeunes filles sans qu’elles fussent voilées, et les femmes le visage couvert : « c’est, dit-il, parce que les jeunes filles ont besoin de trouver des maris, et les femmes de conserver les leurs » Plutarque, Apophtegmes des lacédémoniens.
Un autre rit particulier au temple d’Hercule, c'est de n'y sacrifier jamais que la tête découverte. Cela se pratique ainsi, pour ne pas se rencontrer dans la même situation que le dieu, lequel y est représenté la tête couverte. Vairon dit que c'est un usage grec, qui vient de ce que ou le dieu, ou ceux de ses compagnons qu'il laissa en Italie et qui bâtirent l'ara maxima, sacrifièrent selon le rit grec. Gavius Bassus ajoute encore que cela se pratique ainsi, parce que l'ara maxima était bâtie avant la venue d'Enée en Italie, qui y trouva établi l'usage de voiler la tète du dieu. Macrobe, Saturnales.III,VI.
Je suis le Dieu de ton père, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Moïse se cacha le visage car il craignait de regarder Dieu. Bible, Exode, III.
20. Être éminent en lettres coûte du temps, des veilles, des maux de tête, des indigestions et toutes sortes de maux, mais être un bon soldat est tellement plus difficile qu’il n’y a pas de comparaison : à chaque pas, il risque de perdre la vie. Miguel de Cervantès, Don Quichotte.I, XXXVIII (Cervantès fut aussi soldat à la bataille de Lépante où il perdit un bras)
21. Alexandre le Grand, traversant les déserts de l’Afrique et souffrant de la soif avec son armée, répandit à terre, à la vue de tous, l’eau que lui apportait un soldat dans son casque. ; faisant plus de bien par cet exemple de tempérance que s’il eut partager cette eau avec tous ses soldats. Frontin, Stratagèmes, I, VII.
22. Le style de Denis Lambin, professeur au collège de France, au milieu du seizième siècle, est lent et diffus :ses ennemis le caractérisèrent par le mot lambiner, qui est resté dans la langue. Pierre de la Mésangère Dictionnaire des proverbes français.
23. Nous savons [disait le médecin Nicias de Nicopolis] que ceux qui boivent lentement se maintiennent le ventre plus souple que ceux qui avalent d’un seul trait, car cette rapidité d’absorption pousse le liquide et le fait descendre aussitôt dans la vessie. Chez les premiers, au contraire, la boisson s’arrête davantage sur les aliments, elle les détrempe de manière à s’amalgamer à eux et à séjourner plus longtemps […]. La nourriture sèche et la liquide se font compagnie, et la liquide fait en quelque sorte l’office de véhicule, pour parler comme Erasistrate. Plutarque, Propos de table,VII, I.
24. Quintilius Varus descendait d’une famille plutôt illustrée que noble. Il avait un caractère doux, des habitudes calmes, une certaine paresse du corps et de l’esprit le rendait moins propres aux expéditions militaires qu’à l’oisiveté des camps. Son administration de la Syrie prouva qu’il ne méprisait point l’argent. Lorsqu’il arriva dans cette province, elle était aussi riche qu’il était pauvre et ce fut tout le contraire quand il en sortit. Velleius Paterculus, Histoire romaine, II, CXVII.
25. On disait à Delon, médecin mesmériste : «. Eh bien! M. de B... est mort, malgré la promesse que vous aviez faite de le guérir -Vous avez, dit-il, été absent; vous n'avez pas suivi les progrès de la cure : il est mort guéri. » Chamfort, Anecdotes et caractères, hhh
26. Déjà, en effet, la peinture était parfaite […]. Il subsiste à Caeré des peintures encore plus anciennes ; et quiconque les examinera avec attention conviendra qu’aucun art n’est arrivé aussi promptement à la perfection, puisque, manifestement il n’existait pas du temps de la guerre de Troie. […] Dans les jeux donnés par Claudius Pulcher [v. 92-52 av. J.- C], la scène fit beaucoup admirer l’art de la peinture : les corbeaux, trompés par l’image, s’abattirent sur les décorations qui représentaient des tuiles. Pline, Histoire naturelle, XXXV, VI-VII.
27. Il est impossible que la cour conçoive ce que c’est que le public. La flatterie qui en est la peste, l’infecte toujours au point qu’elle lui cause un délire incurable sur cet article. Cardinal de Retz, Mémoires.
28. Noces salées. Ce mot satirique, qui courut sous François 1er, était fondé sur l’impôt qu’occasionna le mariage de Jeanne D’Albret, nièce de ce prince, avec le duc de Clèves. On y avait mis un tel faste, que pour combler le déficit, plusieurs provinces méridionales furent grevées d’une taxe sur le sel. Salé est, en maintes occasions, synonyme de cher. Pierre de la Mésangère Dictionnaire des proverbes français.
29. Dans la musique, le plus nécessaire et le plus difficile c’est le tempo. Mozart
30. Les mots sentence, adage et proverbe ont de nombreux rapports ; mais voici en quoi ils diffèrent. Les proverbes de Salomon étaient des sentences, c'est-à-dire des paroles qui portaient un grand sens. Le proverbe renferme une vérité naïve, tirée de l’observation ; l’adage rend, par la tournure, cette vérité piquante. L’adage comme on le voit, rentre dans le proverbe. Le mot adage a cessé d’être en usage ; et, par proverbe, on entend en général une sentence populaire et commune. Mais comment ces sentences ont-elles pu passer de bouche en bouche, et ainsi se perpétuer ? Parce que leur justesse était frappante. Ajoutez que beaucoup de proverbes sont antérieurs à l’invention de l’imprimerie, et remontent par conséquent à une époque où il était difficile d’acquérir des idées. La plupart des anciens proverbes sont rimés. On chantait des vers dans les repas ; ce qu’il y avait de saillant était recueilli par l’un ou l’autre. Pierre de la Mésangère, Dictionnaire des proverbes français, Observations préliminaires.
Informations sur la page Accès pour 1,80€ depuis un poste fixe via Allopass (1,34€ l'appel puis 0,34€/mn, en général obtention du code en moins de 1,30mn) et un code à saisir qui ouvre la page. Un conseil, le code est répété deux fois, notez le bien dès la première fois puis, si vous en êtes certain, raccrochez. Facturation chez votre opérateur téléphonique, pas de coordonnées bancaires à fournir. Attendre au plus 15 secondes après avoir cliqué sur Socrate Platon A pour que s'affiche l'invite d'Allopass.D'autres blocs d'articles viendront
Extraits
L’administration de ce magistrat [Olybrius, passé en nom commun aujourd’hui] fut douce et tranquille. Esprit bienveillant par essence... Un étranger se faisant fort d’enseigner à Denys l’Ancien, dans une entrevue particulière, le moyen de prévenir les complots, Denys l’autorisa à s’expliquer... De quelle manière, tout en reconnaissant la puissance et la nécessité du destin, Chrysippe prouve la liberté de l'homme dans ses desseins et dans ses jugements...
Louis XI, lors d’une grave maladie où il perdit un temps la raison, se serait jeté par la fenêtre si on ne l’avait retenu. Informé par ses proches de cette « retenue », il demanda qui l’avait empêché de sauter...
Que les philosophes ont distingué trois différentes manières de punir; pourquoi Platon n'en admet que deux...
Denys le tyran après avoir dîné dit qu’il n’avait eu aucun plaisir à manger le fameux plat du chef ; ce dernier lui dit:...
Préférer l’intensité à l’extension. La perfection ne vient pas de la quantité mais de la qualité. Tout ce qui est très bon a toujours été bref et rare, le beaucoup discrédite...
A chaque minute nous sommes écrasés par l’idée et la sensation du temps. Et il n’y a que deux moyens pour échapper à ce cauchemar, pour l’oublier,...
Fabius Maximus, craignant que par confiance dans les vaisseaux, où son armée pouvait se retirer, elle ne se comportât moins vaillamment...
M. de Voltaire ne regarde l'Europe que comme une république formée de différentes souverainetés. Ainsi...
Bucéphale, couvert de la selle royale ne recevait qu’Alexandre, autrement...
Le cardinal Barberin étant allé voir un jour le cabinet des livres rares et des pastels choisis par sieur du Moustier, grand amateur, alors logé au Louvre, monsignore Pamphile, prélat romain, qui accompagnait le légat avec plusieurs autres prélats et gentilshommes italiens, ne put résister à la tentation...
|
||
![]() |
||
Crédit photos : Wikipedia - Tous droits réservés |
||